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L'expression du Gesalt
Publié : mar. sept. 02, 2025 7:01 am
par Darano
Chicago, le 14 novembre (date à confirmer avec le MJ)
À l’attention de Monsieur Randal Crossby,
Par la présente, et sur l’instruction expresse de Monsieur Saul Moorcan, il m’échoit l’insigne honneur de vous convier à la cité de Chicago, capitale ardente de l’industrie et foyer incandescent du progrès moderne.
Votre nom, Monsieur, a été prononcé parmi ceux que l’on distingue pour leur clairvoyance et leur énergie, qualités sans lesquelles nulle entreprise de haute envergure ne saurait prétendre s’accomplir. C’est dans ce cadre que Monsieur Moorcan désire, avec la gravité et la solennité qu’impose la chose, recueillir votre avis éclairé sur la formation du Consortium Industriel, union appelée à marquer son siècle et à sceller l’avenir de nos manufactures.
La Compagnie de Gretz, ainsi que l’estimé Monsieur Moorcan, résident pour l’heure au Chicago Grand Palace, demeure de prestige qui saura offrir le cadre digne de l’importance de cette convocation. Je vous y attends, prêt à faire valoir votre présence auprès de Monsieur Moorcan et à préparer le terrain de vos échanges.
Je demeure par ailleurs à votre disposition pour répondre à toute demande ou interrogation : l’accueil du Chicago Grand Palace me transmettra vos messages, que j’aurai l’honneur de traiter avec l’élégance et la diligence que Monsieur Moorcan requiert.
Je vous prie d’agréer, Monsieur Crossby, l’expression de ma considération la plus distinguée, empreinte de l’estime due à votre rang.
Getty S. Burg
Secrétaire particulier de Monsieur Saul Moorcan
Re: L'expression du Gesalt
Publié : mar. sept. 02, 2025 7:19 am
par Darano
À Garth
C’est avec peine que je t’écris ces mots. La disparition d’Aby laisse un vide que rien ne comblera. Je dois t’avouer, avec franchise, que je n’ai pas assez parlé avec elle. Trop de silences sont restés, trop de moments que je n’ai pas pris. Et pourtant, je savais qu’elle était là, solide, digne de confiance. Je savais que je pouvais compter sur elle, même sans avoir besoin de le demander.
Je veux saluer sa mémoire à travers ce lien de fidélité qui vous unissait. Vous formiez un tout, une force qui se voyait de loin et qui inspirait. Sa loyauté envers toi, et envers nous tous, restera un exemple.
Je partage ta peine, Garth, et je m’incline devant la mémoire d’Aby. Que son nom demeure vivant parmi nous, non comme une perte seulement, mais comme une force fidèle que rien n’efface.
Avec respect et fraternité,
Getty S. Burg
Re: L'expression du Gesalt
Publié : lun. sept. 15, 2025 11:50 am
par Darano
Chicago, le 18 novembre[date à confirmer]
Monsieur Mac Dowell,
Agissant au nom du professeur Saul Moorcan, j’ai le regret de vous informer qu’à la suite d’un incident survenu récemment à Chicago, l’objet support du brevet qui vous lie avec le Professeur Saul Moorcan a été perdu. Les circonstances exactes font l’objet d’un relevé circonstancié et de mesures conservatoires appropriées ; je puis d’ores et déjà vous assurer que les droits de propriété intellectuelle demeurent intacts et que toutes dispositions ont été prises pour préserver les intérêts du Professeur et de nos partenaires. Je reste naturellement à votre entière disposition pour vous communiquer, en privé, les éléments factuels dont la divulgation est opportune.
Par ailleurs — et c’est l’objet du second point — nous souhaitons vous convier à un entretien de travail en vue de la constitution d’un consortium dédié au déploiement des Quick Timers et, plus largement, à la mise en valeur des inventions du Professeur Moorcan. Votre expertise et votre sens des structures efficaces nous paraissent décisifs pour arrimer ce dispositif industriel et financier à la hauteur des ambitions engagées.
La Compagnie de Gretz séjourne actuellement au Chicago Grand Palace, à l’invitation de son propriétaire. J’y suis joignable sans délai et en mesure d’organiser une rencontre à la date et à l’heure qui vous conviendront.
Je me tiens, bien entendu, à votre disposition pour tout renseignement complémentaire, qu’il s’agisse de précisions techniques, juridiques ou logistiques.
Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de ma considération distinguée.
Getty S. Burg
Secrétaire particulier de Monsieur Saul Moorcan
Pour la Compagnie de Gretz
Re: L'expression du Gesalt
Publié : lun. sept. 15, 2025 12:05 pm
par Darano
Chicago, le 19 novembre
À l’attention de Monsieur Randal Crossby,
Monsieur,
Au nom de Monsieur Saul Moorcan et de l’ensemble des membres de la Compagnie de Gretz, je tiens à vous adresser nos plus sincères remerciements pour votre présence lors des funérailles d’Abby.
Votre participation, empreinte de dignité et de respect, a profondément touché chacun d’entre nous. Dans un moment aussi douloureux, votre humanité et la chaleur discrète de votre soutien ont apporté un réconfort que nous n’oublierons pas.
Vous avez honoré la mémoire d’Abby non seulement par votre présence, mais aussi par l’attention sincère que vous avez témoignée à ceux qui l’ont connue et aimée. Sachez que ce geste, simple en apparence mais immense dans sa portée, a laissé une marque durable dans nos cœurs.
Recevez au nom de la de Gretz, Monsieur Crossby, l’expression de notre gratitude et de notre considération la plus distinguée.
Respectueusement,
Getty S. Burg
Secrétaire particulier de Monsieur Saul Moorcan
Pour la Compagnie de Gretz
Borderie et réflexion
Publié : ven. oct. 10, 2025 12:49 pm
par Darano
18 novembre 1882, en début de matinée
Getty s’acharne, installé dans le grand canapé de la suite du Chicago Grand Palace.
Autour de lui, marbre poli et lampes de verre dépoli étouffent le monde. Sur la table basse, un petit rectangle de tissu en coton couleur crème détonne, 2 pouce de large sur 5 de long, fragile au milieu de ce luxe.
Getty brode avec ses mains de peintre, belles mais indociles — des mains héritées avec le corps de Pickman, et qui portent encore de mauvaises habitudes.
Le tremblement n’est pas que nervosité : c’est un reste de chimie, de vieux réflexes imprimés par les drogues. Un frisson court jusqu’aux phalanges, qui font vibrer l’aiguille au moment précis où il faudrait la tenir droite. Il serre les dents, bloque sa respiration, pique, tire, recommence. Getty déteste ce détail qui ressort dans la solitude. il repousse ce besoin d'opium ou d'autres paradis artificiels.
Le matériel, il l’a obtenu avec tact.
A sa demande, on lui a envoyé une jeune employée, venue de la campagne. trés jeune, une beauté naturellle qui la cantonne à l'arriere des beaux salons. jalouse de son nécessaire à couture. Getty a parlé doucement aprés avoir demandé son nom : « C’est pour un petit travail.»
Avec l'éducation donné au petit personnel , elle a répondu qu'il devait expliquer ce qu'il voulait et qu'elle allait le faire. Getty lui sourit et répond: «Non, je veux le faire lui-même, C'est juste un prénom. »
Voyant l’hésitation de céder son matériel, il a glissé quelques belles pièces dans les mains de l'employée: « Achetez des aiguilles neuves, du tissu et du fil et une nouvelle pince a pression.
— Quelle couleur les fils et le tissu, monsieur Pickman ?
Il a souri : « Si vous êtes d’accord… je garde votre matériel, et vous prenez du neuf. Mademoiselle Lidie»
Elle a dit oui — ce oui de ceux qui n’ont pas le luxe de refuser. Il voit son regard se poser sur la petite paire de ciseaux en forme d'échassier. Il sourire: Si vous voulez gardez un ou deux objets, je le comprend et je vous invite a le faire, Mademoiselle Lidie.
Elle attrape sans attendre le petit héron de métal, au bec fait de lames. il disparait dans la poche du tablier. Getty redonne une piece: « pour une paire de ciseaux pour moi et l'excuse pour vous d'y aller maintenant pour " un riche client".Mademoiselle Lidie» Elle le remercie sincérement et part. Il aurait bien voulu les ciseaux car il aime les objets qui ont vécus, ceux qui gardent l’odeur des mains et la mémoire des gestes. Les choses qui ont une âme.
le nécessaire de la petite couturière est ouvert devant lui.
Le fil noir danse dans le coton crème, une bordure grise ondule, irrégulière. À chaque sursaut venu des nerfs — l’ombre d’une poudre, d’un cachet, d’une nuit trop longue qui appartient à Pickman autant qu’à lui — l’aiguille dévie. Il râle, mais s’obstine. Il veut bien faire. Il pense à elle.
À sa fidélité tranquille envers le loup-Majoris, à ce regard franc quand elle levait un verre vers Garth. Au moment ou elle le tenait sur cette echelle, quelques jours plus tot. Au regard qu'elle avait quand le lycantrope la regardé ou la félicitait. Cela devait être inscrit gardé, préservé. Jamis elle ne serait une ombre.
Perdu dans ses pensées, L’aiguille perce la peau de son doigt. Une goutte de sang perle immédatement e s’étale lentement dans la gabardine de coton. Getty la regarde s’imprégner. Il ne l’efface pas. Un hommage de sang, comme une signature.
Il finit la bordure. alors vient l’œillet métallique. La notice de la pince n’a aucun sens.
Il jure, se retient d’aller demander de l'aide à Soûl. il fait un essai sur un mouchoire.
Il force sur la riveteuse en se levant du canapé : le clac net lui arrache un sourire de gamin.Getty relance l'opération sur le rectangle de coton, il met l'oeillet de métal. L'oeil aiguisé de Pickman remarque qu'il n'est pas tout a fait centré. il soupire.
Quand il se rassoit, il sent une traction à la cuisse : l’aiguille a traversé le tissu de son pantalon ou plutot il l'a mis instinctivement comme ça pour ne pas la perdre, habitude de couturier... Il sourit, une àme sait coudre mais elle a toujours eu honte de le montrer.
Il retire le petit objet de metal, et se sent un peu honteux. Alors il reprend, Le fil noir serpente, forme des boucles, des arabesques legérement tremblées — mais obstinées et de plus en plus régulier.
Des lettres apparaissent.
Le mot n’est pas parfaitement droit, pourtant il tient.
Getty pose les paumes à plat, ferme un instant les yeux. Dans le silence feutré de la suite, entre la trace rouge et la couture tordue, il se sent maladroit, ému — et fidèle en voyant le petit texte.
Abby, Chicago, 15.11.1882
Elle admirait Garth
Re: L'expression du Gesalt
Publié : sam. oct. 18, 2025 10:47 am
par Chimel
Absolument génail. Je suis mega fan