"Trop facilement." se dit Gruuf, puis il comprit: ce ne sont pas ses orques qui avancent mais les troupes de Stenval qui se replient en bon ordre. La pression est trop forte pour qu'elles puissent contre-attaquer, ou même se replier à toutes jambes. Et ces imbéciles ne veulent pas abandonner les premiers rang pour se sauver ! ... Ce qui signifie que soit ils sont trop gentils, soit .. qu'ils ne sont pas assez nombreux pour se permettre de pertes !! Cette pensée fit sourire le chef orc.
C'est à ce moment qu'apparut enfin Karrf. Cet orc géant (parmi ses hommes les plus grands) ressemblait à présent plus à une pelotte d'épingles qu'à un guerrier: son harnois était transpercé d'une demi-douzaine de carreaux et de flèches, et il ne s'agit là que d'une petite partie de ce qu'il s'est reçu en une demi-heure. Pourtant, c'est une blessure à l'épaule, plus récente, qui attira son attention: un coup tranchant qui semble avoir percé les protections comme si ce n'était que du vulgaire papier.
"- Une foutue guerrière bardée d'objet magique." Répondit le colosse à la question muette "Sa lame chatouille méchamment et son putain de corset de cuir a bloqué ma Framez ! Mais" ajouta-t-il avec un sourire méchant "je lui ai laissé un petit souvenir." Pour appuyer ses dires, il passa un doigt sur son visage, mimant une cicatrice.
"Et pourquoi tu m'as rappelé d'ailleurs ? J'allais défoncer cette ligne de minables !" rajouta-t-il encore.
Gruuf tiqua à cette bravade. Décidément, il va falloir un jour régler ses problèmes: en effet, soif de sang et ambition sont un très mauvais mélange. Puis Gruuf comprit: Karrf n'a même plus de potions de soins ! Cette dernière phrase n'était effectivement qu'une bravade: blessé comme il est, il ne devrait même plus tenir debout. Gruuf dut alors répondre en cachant au mieux son sarcasme:
"- Toi peut-être. Mais tes hommes doivent souffler, et le combat suivant va être long !" Puis il désigna une flèche, salement plantée en diagonal à la base de son cou "Et va voir les shamans: t'es ridicule avec ce cure-dent dans le cou !"
Laissant son subalterne, il se tourna à nouveau vers le front et ce qu'il vit à nouveau ne lui plut pas: ses hommes avançaient mais au-delà se tient toujours cette foutu montée abrupte. Ca va pas être facile, et il devra y grimper sans ses meilleures troupes. D'un autre côté, la piétaille est là pour ça.
"- Bougez-vous, band' d' Mauviettes !!"
[HRP: Je rappelle une fois de plus à mes joueurs que vos personnages sont persuadés que le chef des orcs est l'orc en harnois; celui à la hache n'étant pour vous qu'un de ses subalternes, au mieux le bourreau de l'armée (pour ceux qui ont pris la peine de se renseigner sur ce que les orcs ont fait la veille). Rien de plus

